La question a trotté dans la tête des divers lieutenants de la guerre olympique 2012 : pour qui va rouler l'ex-commandant en chef du CIO, Juan Antonio Samaranch ? Le Catalan a tellement dominé l'institution basée à Lausanne qu'il a nécessairement conservé ses réseaux et son influence sur une majorité des 116 membres cooptés au fil de ses vingt et un ans de présidence. Que pense Jacques Rogge, son successeur depuis 2001, de ce pouvoir redouté sinon toujours d'actualité ? Le chirurgien orthopédiste flamand ne s'autorise aucun «droit d'inventaire» sur le bilan de l'Espagnol, aucune critique, réserve ou commentaire pouvant être mal interprétés. A croire que toutes les dérives dénoncées jusque dans l'organisation (népotisme, opacité, corruption tolérée, sinon encouragée) ont été effacées comme par magie. Mieux, alors que certains s'attendaient à la curée sitôt son départ, Samaranch est devenu une icône quasi intouchable. «On a été très injuste avec lui», affirme un de ses anciens bras droits, le Russe Vitali Smirnov, actuel vice-président du CIO, auquel il appartient depuis 1971. Henri Sérandour, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), confirme : «On l'a décrit lointain et autoritaire. J'ai connu un monsieur profond, un affectif qui vous recevait très facilement.» Smirnov insiste : «Samaranch n'aimait pas communiquer, alors, quand il y avait un problème, il répondait : "Quel problème ?" Du coup, certains se sont imaginé des choses...»
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