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Pampelune, des toros et des femmes

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La San Fermin 2005 a plus brillé par un «geste» féministe que par la qualité des corridas.

Publié le 14/07/2005 à 2h58

Pampelune envoyé spécial

La San Fermin 2005 a démarré par une querelle linguistique sur fond de féminisme. Mercredi 6 juillet à midi, Idoia Saralegui, la conseillère municipale chargée, grand honneur, de faire péter la fusée annonçant le début de la fiesta, a volontairement tordu le protocole. Au lieu de lancer au micro le traditionnel «Pampelonais, Pampelonaises, vive San Fermín», elle a viré la moitié masculine de la formule pour un singulier : «Pampelonaises, vive San Fermín.» Gros émoi. Elle s'est justifiée en expliquant qu'en espagnol le féminin pouvait rassembler les genres. La polémique est remontée dans le courrier des lecteurs des quotidiens, où quelques pointus grammairiens se sont engueulés à coup de «morphèmes génériques» et autres monstres linguistiques. La San Fermín, que l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, présent à Pampelune, définit comme une «suspension de la rationalité», ingère jusqu'à la philologie militante ; terminologie qu'un lacanien, noyé dans le rosé de Navarre, décryptera les doigts dans le nez : «File au logis, militante !»

Recyclage. Tout fait ventre et pas seulement Saleroso, un Miura combattu puis préparé en ragoût que le jury gastronomique du prix Gazteluleku a distingué, l'an dernier, comme le toro le plus savoureux de la San Fermin. Rien ne se perd. Exemple : les bonnes soeurs des couvents ont récupéré les timbres des lettres de protestation envoyées à la mairie par les défenseurs mondialisés des animaux. Même recyclage pour le multisécul

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