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Critique

José Carlos Arevalo, l'aphorisme au coeur de l'arène

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Publié le 01/12/2005 à 4h45

D'une certaine façon, Morante de la Puebla torée plutôt par aphorisme. La densité, la profondeur, la plasticité des séquences de passes paraissent chez lui plus importantes que leur assemblage. A l'inverse, le style de Ponce, son goût de la coordination et de l'imbrication des détails dans un grand tout donnent à ses faenas une structure plus conjonctive. L'aphorisme qui s'alimente au paradoxe sied à l'art de toréer, qui est par essence riche de contradictions. José Bergamin en a usé avec un bonheur poétique dans la partie «Esquives et feintes» de la Solitude sonore du toreo.

José Carlos Arevalo, qui voit derrière l'aphorisme «la conscience que tout discours est inutile», systématise cette forme dans le Mystère taurin (1), publié l'an dernier en Espagne et le mois dernier en France. Sa longue connaissance de l'art taurin et sa subtilité analytique permettent à l'auteur de ne jamais tomber dans cette perdition de l'aphorisme qu'est le truisme. José Carlos Arevalo, directeur de la revue 6 Toros 6 et petit-fils du critique taurin Díaz de Quijano, «Don Quijote», donne dans son ouvrage de lumineux coups de flash sur le toreo, qu'il définit comme «un rite inexplicable, un art connu par approximation, une science cachée» ; et aussi comme «un langage articulé, capable d'exprimer des sentiments et des attitudes».

Au XVIIIe siècle, Pepe Hillo pensait que la corrida était une science exacte. Le toro Barbudo l'en dissuadera définitivement d'une cornade mortelle qui a réintroduit l'aléa da

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