Le toro de combat n'est ni un cheval de course, ni a fortiori un athlète. Il ne s'entraîne pas. Pourtant, ce qu'on attend de lui est digne d'un sportif pluridisciplinaire de haut niveau. On lui demande une activité digne d'un sprinter à sa sortie et lors de la tauromachie à la cape, où ses efforts sont «rapides, brefs, violents». Il doit fournir les efforts d'un avant dans un match de rugby, plus ceux d'un haltérophile lors de la pique. Il récupérerait légèrement aux banderilles avant qu'on lui demande d'avoir la résistance d'un coureur de fond, lors de la faena de muleta. C'est ce qui ressort des premiers résultats des analyses de l'étude sur ses différentes fibres musculaires réalisée par l'Unité de recherche sur les herbivores de l'Inra, dirigée par Brigitte Picard. Etudes effectuées en 2003 et 2004 sur 62 toros de divers élevages, combattus à Arles, Nîmes et Saint-Martin-de-Crau, et conduites avec l'Association française des vétérinaires taurins, représentée par Hubert Compan. Selon ce spécialiste de la nutrition, la puissance musculaire du toro n'est pas l'effet d'un entraînement mais façonnée par son type génétique, son mode d'élevage, son alimentation. Manger est le seul entraînement du toro. Le reste du temps «il rumine ou il dort».
Rupture. Dire «le toro» est trop généraliste. Hubert Compan a mis en perspective l'étude du muscle et de ses fibres avec ses diverses races. La répartition des fibres musculaires varie en effet selon son origine. «Le moteur Santa Coloma fo




