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Carlos Arruza, le cyclone de Mexico

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Mort il y a quarante ans, le torero a marqué l'histoire par son amitié-rivalité avec Manolete.

Publié le 26/01/2006 à 20h10

Avec 107 corridas en 2005, El Fandi est entré dans le club des toreros ayant participé à plus de 100 corridas par an. Ils ne sont pas une vingtaine. Le premier : Joselito, 102 courses en 1915. Le recordman : Jesulín de Ubrique, 161 corridas en 1995, ce qui en dit long sur l'idiotie des records en tauromachie. Dans cette académie, un seul non-Espagnol : Carlos Arruza, 108 contrats en 1945. Il aurait pu faire mieux. Mais des blessures et aussi son désir de ne pas dépasser, par respect, les 109 courses de Belmonte en 1919, l'en ont empêché.

On commémore cette année le quarantième anniversaire de la mort de Carlos Ruiz Camino «Arruza», ce Mexicain né de parents espagnols, neveu du poète républicain León Felipe et qui se prenait pour Carlos Arruza. Surpris à Madrid par le coup d'Etat de Franco, le 18 juillet 1936, Carlos, 16 ans, novillero, fuit le pays à pied avec des troupes républicaines. Il se retrouve à Paris. Sa mère, de Mexico, lui envoie de l'argent par la poste, qu'il ne peut récupérer parce qu'il a amnésié son vrai nom, Ruiz Camino, et qu'il se présente au guichet avec celui sous lequel il se sent torero : Arruza. Il devra passer quelques nuits sous les ponts parisiens avant de retrouver sa véritable identité civile. Une identité littéralement entre deux eaux: coupée par l'océan. Pour les Mexicains, Arruza, malgré son passeport, était hijo de gachupín, «fils d'Espagnol» ; pour les Espagnols, il était mexicain.

Escudos. Il est d'abord au Mexique un torero sans importance,

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