Le Caire de notre correspondante
Le policier préposé à la circulation près du Stade du Caire en reste bouche bée. Devant lui, penchée hors de la berline bloquée dans les embouteillages, une jeune amazone en pantalon moulant, écharpe au cou et cheveux au vent, brandit fièrement un drapeau égyptien. Dans la voiture, ses copines, les couleurs noir, blanc, rouge grimées sur les joues, reprennent à tue-tête des chants de supporteurs à la gloire de l'équipe d'Egypte. Aujourd'hui, comme à chaque match des Pharaons depuis le début de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) il y a trois semaines, elles seront des centaines à encourager l'équipe nationale en finale contre la Côte-d'Ivoire (1). Une présence aussi inhabituelle que rafraîchissante dans les tribunes des stades égyptiens.
Klaxon. A tous les carrefours du Caire, des vendeurs ambulants proposent des drapeaux aux automobilistes. Voitures et magasins sont parés aux couleurs du pays et chaque victoire des Pharaons est saluée par d'interminables concerts de klaxon. Sur les grandes avenues de la capitale, Pepsi et Coca-Cola rivalisent de panneaux géants à la gloire des Pharaons et de leurs supporteurs. Les soirs de match, 70 millions d'Egyptiens sont scotchés devant leur télévision, enviant secrètement les 75 000 privilégiés qui s'entassent dans les gradins de l'immense Stade du Caire. Un monument où l'Egypte a fait en sorte de disputer toutes ses rencontres en terminant première de son groupe, grâce à une victoire arrachée lors d'un




