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Portrait

La surenchère Alejandro Talavante

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Matador depuis deux semaines, ce torero radical de 18 ans fait s'envoler les superlatifs.

Publié le 22/06/2006 à 21h32

Mercredi 14 juin, en remplacement de Castella, le néo-matador Alejandro Talavante est allé triompher à Grenade : deux oreilles à son premier toro, sortie a hombros. Rebelote. Talavante avait pris l'alternative cinq jours plus tôt à Cehegin en coupant deux oreilles au toro Pesadilla («Cauchemar») de Benjumea. Couper deux oreilles à un cauchemar est dans la destinée de ce jeune, 18 ans, torero dont le mundillo bruisse depuis un mois. La terreur taurine, le petit Alejandro, aîné d'une famille de six enfants, l'a croisée à l'âge de 6 ans. Il se promène avec son papa, Jacinto, près d'un hameau abandonné du côté de Cáceres. Ils sont soudainement attaqués par une grande vache brava. Pour sauver son fiston, Jacinto se fait poursuivre par la vache avant de grimper in extremis sur un mur, pendant que le petit Alejandro se cache, terrorisé et en larmes, dans les ruines. La tauromachie usine ses propres scènes primitives. Talavante : «De ce jour, je n'ai plus voulu être torero. Mon afición s'est retirée.»

Exposée et sacrificielle.

Autre scène, inverse. Alejandro a 9 ans. Son grand-père Emilio, «aficionado de toute la vie», et ses copains vont voir une corrida à Badajoz avec José Tomas. Ils amènent Alejandro. Tomas coupe une oreille. Version du grand-père : pendant son tour de piste, un copain crie à Tomas : «Jette l'oreille au niño !» Ce qu'il fait. Souvenir d'Alejandro : «Tomas m'a jeté l'oreille de sa propre initiative. J'étais étonné. Ce fut comme un signe et le virus de l'afición m'es

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