Montpellier correspondance
Musclé, costaud, l'oeil sombre fixé sur le ballon ovale, un rugbyman des Towins (club gay et lesbien de Toulouse) vient de percer les rangs des Los Valents («les vaillants» en occitan, nom de l'équipe des rugbymen homos de Montpellier). «Colle-le au cul !» s'époumone l'entraîneur montpelliérain à l'adresse d'un de ses trois-quarts. L'expression ne fait rire personne, un rude plaquage s'ensuit et les Montpelliérains reprennent le ballon. A la fin du match, le score est de 14 à 5 pour les Towins, qui sortiront vainqueurs de la compétition. «J'ai fait du rugby pendant quinze ans dans un club hétéro, raconte Vincent, un Los Valents au visage ruisselant de sueur. Et pendant quinze ans, j'ai pas arrêté d'entendre "pédé !" comme insulte lancée à tout bout de champ. Ici, on fait du rugby comme les autres, mais l'ambiance est plus sympa.» «Et je peux vous assurer que dans les vestiaires il ne se passe rien de spécial», affirme Julien, le seul hétéro des Towins.
Samedi, les 5es Francogames, rencontres sportives nationales lesbiennes, gays et friendly, se sont tenues à Montpellier ; 500 personnes étaient enregistrées, réparties dans une quinzaine de disciplines : basket, volley, natation, course à pied, tennis, rugby, foot, etc. De niveaux très différents, certains ont inscrit quelques jolies performances au palmarès de cette compétition certes amateur, mais tout à fait sérieuse. En 50 mètres brasse, Christel Debruyne (39 ans) a obtenu 38"6




