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Quand la science se penche sur la souffrance des toros

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Un chercheur met en avant le rôle de la beta-endorphine, hormone de défense de l'animal contre la douleur.

Publié le 22/02/2007 à 6h14

Pour répondre aux défenseurs des animaux, les aficionados s'en tiraient jusque-là par une croyance jamais vérifiée. Comme les boxeurs qui sentiraient moins les coups pendant qu'ils se castagnent, les toros de corrida ne souffriraient pas autant qu'on l'imagine pendant leur combat. Cette opinion vient d'être largement et scientifiquement confirmée par les travaux vétérinaires de Juan Carlos Illera de Portal, directeur du département de physiologie animale de l'université Complutense de Madrid, chercheur à l'université de Californie.

Stress. Juan Carlos Illera, qui n'est pas particulièrement aficionado, a dirigé une thèse d'endocrinologie animale consacrée au toro bravo. Dans l'interview qu'il a accordée en janvier à la revue 6 Toros 6, il explique que le toro de combat n'éprouverait que très peu de douleur. La raison ? Le toro possède une spécificité endocrine, une sorte de bouclier hormonal qui le singularise des autres espèces animales. Sa régulation hormonale est différente des autres êtres vivants, sa glande surrénale est plus importante, et il possède plus de cellules productrices d'hormones, dont la fameuse béta-endorphine plus connue comme «l'hormone du plaisir». La béta-endorphine est une réponse analgésique au stress et à la douleur. Contrairement au cochon par exemple, qui peut mourir de stress pendant son transport à l'abattoir, le toro en produirait sept fois plus que n'importe quel animal et dix fois plus qu'un être humain. Ainsi, la pique provoque

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