Un homme, un vrai, un tatoué... à la ligne de démarcation du short. Les Français ont redécouvert Sébastien Chabal, troisième ligne centre, en Italie et depuis ne veulent plus le quitter. Cartouche était le petit surnom de ses débuts aux cheveux courts, car Chabal infligeait déjà des tampons de montagnard à quiconque se trouvait sur sa trajectoire. Chabal version longue tignasse brune n'a rien perdu de son agressivité. La puissance dans les cheveux, l'arme d'un Samson rugbyman, et des muscles travaillés pour vaincre les Philistins. Sa barbe à la taille angulaire souligne la puissance de ses maxillaires. Une vraie gueule, qu'il ouvre à l'occasion : «Fait chier, c'est con.»
Il ne pense pas être devenu un phénomène. En fait, il s'en fout. Mais il crée l'attraction sur la pelouse, pas du genre à s'économiser, «c'est pas comme ça que ça marche», quitte à perdre du temps pour se relever. Sans rien retirer au talent d'Elvis Vermeulen, quand le Chabal n'est pas là, les adversaires ne volent pas aussi loin, pas aussi haut. Il a une façon bien à lui de faire avancer un coéquipier porteur de balle : il lui enserre la taille de son avant-bras et le tire jusqu'à la ligne. Comme une petite danse, une farandole. Une chorégraphie de l'essai. Après la marque, il se relève, replace négligemment ses quelques mèches rebelles. Cartouche s'est transformé en Attila. Il ferait un bon Madmartigan, le mercenaire courageux du Willow de Ron Howard, lui-même Ritchie de Happy Days




