Manosque envoyée spéciale
Johan Bruyneel, directeur sportif de la Discovery Channel, est arrivé sur Paris-Nice jeudi matin. Et, le soir même, son petit coureur, repêché de la Liberty Seguros-Astana cet hiver, Alberto Contador (1), s'imposait sur les hauteurs de Mende. Contador enfilait ce soir-là le maillot de meilleur jeune. Dimanche, lors de la dernière étape, Contador s'envolait dans le col d'Eze et s'offrait le général. Bruyneel a un don : c'est un directeur sportif thaumaturge. Du Lance Armstrong cancéreux, il a fait un vainqueur du Tour de France. D'un malingre Espagnol de 24 ans, revenant de l'au-delà, il fait un vainqueur de Paris-Nice.
Vapeurs. Le milieu cycliste avait l'habitude de donner des sueurs chaudes et froides aux suiveurs l'été finissant, les vapeurs de belle-mère sont en avance cette année. La course d'abord a failli ne pas partir, à cause de l'entêtement de l'Union cycliste internationale (UCI) et de Pat McQuaid, son président. En effet, l'UCI a créé il y a deux ans le Pro Tour, club restreint à l'élite du cyclisme mondial avec un calendrier d'épreuves bien défini. Les équipes membres sont automatiquement présentes sur ces épreuves. Et seulement sur celles-ci. Paris-Nice ne figurant pas au calendrier Pro Tour, ces équipes ne devaient pas en prendre le départ, l'UCI allant jusqu'à menacer les contrevenants. «Nous avons choisi de désobéir aux ordres, explique Eric Boyer, manager de l'équipe française Cofidis, l'UCI s'est couverte de ridicule.»




