On l'attendait à Osaka, il resurgit au meeting de Rieti. Il s'était couché au Japon ; il relève la tête en Italie. Il y a deux semaines, Asafa Powell avait compris à la mi-course qu'il ne serait pas champion du monde du 100 mètres, abandonnant l'or à l'Américain Tyson Gay. Il ne s'était pas donné la peine de courir après l'argent. Hier à Rieti, le Jamaïcain n'avait personne pour le pousser dans ses retranchements, pas un titre à aller chercher au bout de la ligne droite. Pas d'adversaire à surveiller. Pas de pression à gérer. Juste du vent. 1,7 mètre par seconde. Juste en dessous des 2 par seconde au-delà desquels les performances ne sont pas homologuées. Alors il en a profité pour donner un sérieux coup de rabot à son record du monde du 100 mètres : 9''74, 3 centièmes de mieux que le chrono référence qu'il avait établi en juin 2005 à Athènes et égalé deux fois l'an dernier. Et ce temps-là, il est à lui tout seul. Pas comme le 9 77 qu'il avait un temps partagé avec l'Américain Justin Gatlin, renvoyé depuis aux poubelles de l'athlé pour dopage.
«Relâché». C'est peu dire que Powell pétait le feu hier. Il a tapé son record en demi-finale. Une heure plus tard, en finale, il courait en 9 78.
Début août, lors de la réunion de Stockholm, Powell avait déclaré qu'il se sentait capable «de battre le record du monde cette année». Interrogé sur ses limites chronométriques, il avait assuré qu'elles se situaient à «9 74 ou 9 73, peut-être en dessous de 9 70». A voir s




