Le rugby, même génétiquement modifié, demeure une nourriture intellectuelle trop essentielle pour être confiné à quelques fredaines littéraires. A la veille de France - Nouvelle- Zélande, la péroraison technique, tactique et philosophique s’impose car ce sport a été, demeure, sera dans les siècles des siècles un affrontement entre la force et l’intelligence. Qu’a montré, lors des deux véritables matchs de poule, le XV tricolore depuis l’entame du Mondial Môquet ? Un jeu de bougnat. Tête baissée, sac de charbon sur le dos. Bougnats dépressifs contre les Argentins, bougnats laborieux contre les Irlandais. Et le rugby de bougnat, en dépit du respect dû à la défunte profession, n’a jamais fait le bonum vinum qui laetificat l’âme de l’aficionado. Un éclair de génie jailli du ciboulot de Frédéric Michalak en cent soixante minutes de jeu. Pour cette passe au pied d’une candeur adolescente, cette fulgurance de bonheur, certains vendraient leur âme à McDo si elle n’était pas déjà hypothéquée sur deux générations au Bûcheron Bar. N’empêche, le rapport qualité du spectacle/prix des places frise l’escroquerie pour le supporteur éclairé. Le bon public, lui, s’en tamponne, atteignant l’orgasme chaque fois que Sébastien Chabal creuse la pelouse à mains nues avec l’intention de passer sous les fortifications adverses. Comme quoi, les taupes-modèles font recette. Mais à bougnat, bougnat et demi. Les Tout-Noirs venus du pays du long nuage blanc sont non seulement capables de charrier les sacs
Bougnats contre Tout-Noirs
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Publié le 04/10/2007 à 0h25
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