A six heures pile, des poings ont tambouriné à la porte. Pas besoin pour les trois types en imper et chapeau mou de présenter leurs cartes barrées de tricolore. Bracelets aux poignets, je les ai suivis, tête dissimulée sous une couverture, jusqu'à la bagnole aux vitres fumées qui s'est engouffrée à travers les avenues sombres, trottoirs jonchés de canettes vides, de serpentins agglutinés dans des flaques de vomi. Quelques fêtards vêtus du maillot de l'équipe de France gisaient sur des bancs, d'autres titubaient en direction d'une bouche de métro. Le chauffeur a monté le son de France Info, incroyable exploit, le mérite en revient aux joueurs, seule la victoire est belle. A ce moment, la radio des flics égrena une litanie de noms connus, rien que des collègues de tribune de presse appréhendés direct à la sortie du Millennium Stadium et rapatriés dare-dare par charter spécial. Eux aussi, la semaine précédant le quart de finale, n'y étaient pas allés de main morte, cognant sur Bernard Laporte à claviers et micros raccourcis. Des relations toulousaines avaient été arrêtées à la frontière espagnole, un copain clermontois refoulé par les gabelous suisses se trouvait en cellule de dégrisement pour au moins trente-six heures. Lorsque la veille, devant la télé, Jean-Marie, un voisin, s'était interrogé sur la présence de la garde des Sceaux derrière le Président au centre de la tribune d'honneur, j'avais cru malin de ramener ma science, d'évoquer ses attaches bourguignonnes à Chalon-s
Coupable, mais irresponsable
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Publié le 11/10/2007 à 0h42
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