La photo de Bryan Habana faisait hier la une de presque tous les journaux sud-africains. En une seule Coupe du monde, l'ailier métis a égalé le record d'essais détenu depuis 1999 par le Néo-Zélandais Jonah Lomu. «Quand je vois les échappées de mon frère, j'en ai la chair de poule ! confie Brat Habana, qui a regardé le match sur une place à Montecasino, où 2 500 spectateurs s'étaient rassemblés devant un écran géant. Bryan est devenu la star des Springboks. Cela prouve bien qu'il n'a pas été sélectionné à cause de la couleur de sa peau, mais en raison de son talent exceptionnel !»
Réconciliation. Les fans de rugby espèrent revivre samedi prochain le sentiment d'euphorie qui avait gagné tout le pays, lorsque l'Afrique du Sud avait organisé et remporté la Coupe du monde 1995, un an après la révolution des premières élections démocratiques. A l'époque, Nelson Mandela était descendu dans le stade pour revêtir le maillot des Springboks : ce geste de réconciliation à l'égard des Afrikaners avait suscité une vague d'enthousiasme jusque dans les townships.
Douze ans après, on est loin de cette euphorie. «Beaucoup de Noirs ne savent même pas qu'il y a une demi-finale», note un jeune étudiant noir, venu avec des amis blancs, regarder la rencontre à Montecasino. Le rugby garde une image négative, héritée du régime d'apartheid, quand il était devenu un symbole honni du nationalisme afrikaner. Alors que les fédérations étaient basées sur la ségrégation raciale, les joue




