Que vaut une équipe dont le public siffle la sortie d'Agustin Pichot, capitaine adverse triomphant, à dix minutes de la fin d'un match dont elle-même devrait avoir honte ? Réponse : pas grand-chose. Elle a donc les supporteurs et le sort qu'elle mérite. Et inutile, en l'occurrence, de s'acharner sur son seul entraîneur. Ce n'est pas lui qui, au Parc des Princes, s'est ridiculisé sur le terrain. L'a-t-il d'ailleurs suffisamment répété en huit années de coaching chaotique, que les joueurs, et eux seuls, sont responsables de leur destin.
Meurtrie. Or, vendredi, les joueurs ont gravement failli. Pire, ils nous ont trompés. Toute la semaine, en effet, ils ont tenu un discours revanchard et guerrier, qui tranchait avec le ton résigné de la petite finale bâclée contre les Blacks, en 2003 à Sydney. Tous, vieux grognards en préretraite comme passagers de «la charrette» (ce club des huit privés de temps de jeu), se sont acharnés à nous expliquer quotidiennement qu'on allait voir ce que l'on allait voir et que la note présentée aux Argentins, briseurs de rêve, s'annonçait copieusement salée. Pour ce qui est de voir, on a vu. Seulement plus que de sel, c'est d'amertume dont nous avons été gavés. Et s'il est une équipe que l'on se doit de saluer, c'est bien celle d'Argentine, qu'on disait meurtrie, épuisée (ce qui était sans doute le cas), mais qui a su puiser au fond d'elle-même - grâce probablement à l'amitié, la solidarité qui lie chacun de ses membres - assez de détermination, de forc




