En quelques minutes, les rues du Caire se sont remplies d'une marée humaine. Debout sur les bus, brandissant des atomiseurs enflammés ou rythmant leur joie avec leurs tablas, les Egyptiens ont célébré dans la liesse leur sixième sacre africain, arraché hier à Accra (Ghana) devant le Cameroun (1-0).
«Règles».Une fête aux allures de défouloir pour une nation déprimée par les difficultés économiques et une actualité régionale sanglante. «Le football est essentiel aujourd'hui dans la vie des Egyptiens, note l'écrivain Alaa El-Aswany, auteur du best-seller mondial l'Immeuble Yacoubian.Nous n'avons plus le sentiment d'être une grande nation capable de grandes choses. Seul le football nous rend cette fierté. De plus, le football est un jeu avec des règles connues à l'avance et justes. Or c'est exactement ce qui manque à l'Egypte aujourd'hui. Les règles n'existent pas et, quand elles existent, elles sont au bénéfice des puissants. Les gens n'ont plus le sentiment qu'il y a une justice, sauf dans le foot !»
Mais même pour suivre la Coupe d'Afrique des nations (CAN), événement essentiel dans la vie de cette nation dingue du ballon rond, les Egyptiens ont dû feinter. Le bouquet satellitaire saoudien ART ayant acheté les droits de diffusion en arabe et en anglais, la télévision nationale n'a pas eu d'autre option que de les commenter. en français. Un peu comme si l'Euro 2008 n'était commenté qu'en arabe à la télévision française. «La plupart des gens ont coupé le s




