Eric Boyer est le manager de Cofidis et nouveau président de l'AIGCP (Association internationale des groupes cyclistes professionnels). Il dresse un panorama du dopage avant le début, le 9 mars, de la saison cycliste européenne, avec Paris-Nice.
La Fédération française de cyclisme (FFC) a publié un bilan sanitaire des coureurs français, où l'on constate une très nette amélioration chez les pros et des motifs d'inquiétudes chez les amateurs. Un commentaire ?
Le secteur pro est de mieux en mieux encadré. La mission du médecin est essentiellement tournée vers plus de protection de la santé du coureur. L'amateur n'a pas d'assistance médicale, ou très peu. Les coureurs amateurs sont livrés à eux-mêmes et sont des proies faciles pour des individus assez troubles, qui continuent de graviter dans le milieu. Il y a moins de personnages «double face», comme on en croisait dans l'encadrement de la Telekom et dans d'autres affaires. Les pros sont mis en garde par les managers. Ils sont surinformés. Chez Cofidis, on leur a remis un mémo qui les informe sur les dangers des conduites dopantes et de la surmédication.
L'an passé votre équipe avait quitté le Tour suite au cas Moreni. Quel discours tenez-vous aujourd'hui ?
Depuis dix ans, on traite le dopage à travers le prisme : «C'est de la triche !» Avec raison ! On ne revient pas là-dessus. Par contre, on n'appuie pas assez sur la notion : «Et ta santé ? En te dopant tu t'abîmes.» Je suis responsable de la performance, c'est entendu. Ma




