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Interview

«Les autorités veulent éviter à tout prix de perdre la face»

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Publié le 29/02/2008 à 2h31

Les Jeux Olympiques de Pékin, ce seront «un monde, un rêve», selon le slogan officiel. Pour l'instant, ils sont surtout une grande source d'inquiétude pour les autorités chinoises. Spécialiste du renseignement, Roger Faligot explique les priorités des services secrets à cinq mois de l'échéance.

Que redoutent les services de sécurité et d'espionnage ?

Pas nécessairement la menace terroriste. Les attentats du type 11 Septembre ne sont pas la crainte première, plutôt un prétexte. En invoquant par exemple des liens entre Al Qaeda et les Ouïgours, une organisation musulmane de l'Ouest de la Chine, les autorités peuvent étendre leur surveillance et mettre en coupe réglée des communautés qui, politiquement, posent problème sur la question des droits de l'homme.

La menace interne est donc la préoccupation principale ?

En fait, dans un pays démocratique, on assure la protection des athlètes et des spectateurs. Mais là, tout devient dangereux : l'Australie est considérée comme un pays à risque, parce qu'il y vit une grande communauté chinoise. Beaucoup sont membres de la secte Falungong, un syncrétisme entre taoïsme et bouddhisme apparu en 1999. Imaginez que des supporters de l'équipe d'Australie déploient une banderole : «Assez de la répression !» C'est de nature à faire perdre la face aux autorités. Et c'est ce qu'elles veulent éviter à tout prix. La double billetterie - les mafias chinoises sont des spécialistes - ou le racisme anti-noir ou encore un rassemblement pour le Tibet

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