On savait le football serbe discrédité par les débordements haineux de ses supporters, véritable force de frappe des guerres des années 90. Après une série d'arrestations et la fuite à l'étranger du président de la fédération, on découvre à quel point il fut, voire demeure rongé par l'argent et les magouilles.
L'Etoile rouge, fleuron du sport belgradois, encaisse mal l'arrestation en février de deux légendes du club, le footballeur Dragan Dzajic, 62 ans, ancien de Bastia, sacré «joueur en or» des cinquante dernières années, devenu vice-président de la fédération de football, et l'ancien basketteur Vladimir Cvetkovic, 67 ans, ex-président du club. Les deux hommes ont été interpellés et menottés en plein jour sous les flashs des photographes. «Ce n'était pas nécessaire, proteste Stevan Stojanovic, ancien gardien de but des années fastes, devenu directeur sportif du club après son retour au pays en 2001. Quoi qu'on leur reproche, on pouvait les convoquer et les arrêter sans ce battage.» Dzajic et Cvetkovic, ainsi que le secrétaire du club, Milos Marinkovic, 72 ans, sont soupçonnés d'avoir ouvert au nom de l'attaquant Goran Drulic, un joueur parti en 2001 pour Saragosse, un compte en banque où ils ont reçu, en falsifiant sa signature, une partie de l'argent du transfert, soit 6 millions d'euros.
Meurtres. Ce n'est pas la première fois que la justice serbe s'intéresse au foot. Mais ses succès tardent : elle n'a toujours pas trouvé les auteurs ni éclairci les circonsta




