Envoyé spécial au Mans.
Jorge Lorenzo est-il un surhomme ou un inconscient ? Le pilote espagnol, arrivé cette saison en MotoGP, continue de briller de mille feux. Dernier exploit en date : le simple fait d'avoir participé, et avec panache, au Grand Prix de France hier sur le circuit Bugatti du Mans, malgré un ligament du genou gauche rompu et l'astragale de la cheville droite fracturé. Parti de la troisième ligne après avoir chuté deux fois aux essais, il s'est offert le luxe de terminer à la deuxième place derrière Valentino Rossi. Si l'Italien, à la faveur du 90e succès de sa carrière, prend la tête du championnat, son jeune coéquipier chez Yamaha continue d'intriguer par sa détermination.
Martyre.C'est en fauteuil roulant que Lorenzo, 21 ans, se déplace dans son box. Debout, il s'accroche à ses béquilles, et pour ses nombreuses virées en scooter chez le docteur Claudio Costa, responsable de la Clinica Mobile qui se déplace sur tous les GP, il lui faut un chauffeur. Car, depuis le début de la saison, il a passé plus de temps à l'hôpital qu'en piste. Blessé à l'épaule, aux chevilles et aux genoux à cause de chutes à répétition, Lorenzo est presque devenu un cas pour la science : incapable de marcher mais toujours décidé à piloter son engin à près de 300 km/h. Bernard Achou, le kiné de la Clinica Mobile, s'est fait une raison : «Cela fait quinze ans que je fais ce métier, je n'ai toujours pas compris où les pilotes allaient chercher leur volonté. Ils doivent trouver




