A Neustift im Stubaital, le village tyrolien où la sélection espagnole a élu domicile depuis le début de l'Euro, on peut voir les footballeurs ibériques, tout sourire, promener leurs ridicules coupes de cheveux dans la rue, prendre un verre en terrasse en famille, jongler devant les chasseurs d'autographes. Ils auraient tort de se priver. Pays-Bas mis à part, la Roja est pour l'instant, de l'avis général, la meilleure équipe de la compétition. Les chiffres confirment : deuxième attaque (8 buts marqués), meilleur taux de passes réussies (84 % !), plus grand nombre de tirs effectués (46), meilleur buteur (David Villa, 4 pions), voilà l'Espagne. Sauf que ça fait marrer tout le monde. Car ce sont les quarts de finale qui s'amorcent désormais et une autre histoire s'annonce. C'est bien connu, les matchs à élimination directe sont le calvaire de la Selección. Mondiaux 2006, 2002, 1994, Euro 2000, et toujours la même histoire : les Ibères régalent en poule pour mieux s'écrouler en huitième ou en quart. Mental défaillant, déficit physique, manque de motivation ou encore Mur de Berlin érigé entre les joueurs du Barça et ceux du Real, ce ne sont pas les explications qui manquent.
«Curé». Ce coup-ci, ils ont pourtant l'air d'y croire. «On va battre l'Italie 3-2», a pronostiqué le Premier ministre, José Luis Zapatero, à qui personne n'avait rien demandé. Du coup, le sélectionneur Aragonés s'est senti pousser des ailes. D'ordinaire peu porté sur la gloriole, le sélect




