Menu
Libération

Légende indienne

Réservé aux abonnés

Publié le 22/08/2008 à 4h42

En mars 1953, désespéré, entouré de ses enfants et de quelques membres de la tribu des Sac and Fox, le plus grand athlète de tous les temps s'éteint en réclamant une dernière fois ses médailles d'or. Doté de qualités physiques hors du commun, Jim Thorpe, baptisé «Sentier brillant», est un sang-mêlé d'ascendance indienne, française et irlandaise. Au Kansas, le colosse excelle dans de multiples disciplines sous les couleurs du Carlisle College avant de disputer quelques matchs de base-ball au sein de deux équipes professionnelles.

Retourné à ses études, Thorpe se qualifie pour les Jeux de Stockholm de 1912 où il ridiculise ses adversaires au pentathlon (longueur, javelot, disque, 200 m, 1 500 m), puis au décathlon. Une telle réussite le propulse à la une des journaux, attirant l'attention d'un ancien coéquipier. Contre une poignée de billets, celui-ci dénonce à un quotidien le bref passage rémunéré de Thorpe dans les rangs du club de base-ball de Fayetteville. Après une enquête expéditive, le double vainqueur est rayé du palmarès, privé de médailles sous prétexte de professionnalisme. Une sanction à laquelle ses origines indiennes ne sont pas étrangères. Sans déjuger le CIO, Pierre de Coubertin, dans ses Mémoires, affirme que «des joueurs de tennis, présents à Stockholm, ont touché des sommes autrement importantes sans être inquiétés». Mais le tennis appartient aux aristocrates blancs.

Le champion déchu devient une star du base-ball (New York Giants, Boston

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique