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Libération

Bikila nocturne

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Publié le 23/08/2008 à 4h42

Comme une repentance qui ne voudrait pas dire son nom, lors des Jeux de 1960, Rome offre un spectacle majestueux pour la première médaille d'or remportée par un Africain. Le marathon, couru de nuit - canicule oblige -, est éclairé par des porteurs de torches qui illuminent les vestiges. Un spectacle que la RAI retransmet pour la première fois en direct.

En s'imposant en 2 h 15'16 sous les yeux émerveillés de Jean Giono, l'Ethiopien Abebe Bikila améliore, pieds nus, de presque huit minutes, le record olympique du mythique Tchèque Emile Zátopek. Et il remue des souvenirs douloureux. Un quart de siècle plus tôt les troupes de Mussolini se sont lancées à la conquête d'Addis-Abeba en partant de l'arc de triomphe de Constantin. A l'endroit même où Bikila signe sa victoire après avoir porté une attaque à hauteur de l'obélisque d'Axe pillé en Ethiopie.

Athlète d'instinct, le sergent de la garde impériale récidive quatre ans plus tard lors des JO de Tokyo. A l'arrivée, après 2 h 12'11 effectuées cette fois-ci avec des chaussures, il repousse du bras les infirmières venues le soutenir. Pas plus essoufflé que ça, le double champion olympique monte sur la pelouse et se livre à quatre minutes d'étirements jusqu'à l'arrivée de son premier adversaire ! On apprend alors qu'il a été opéré de l'appendicite cinq semaines auparavant. La douleur est une vieille compagne pour cet ex-membre du corps expéditionnaire en Corée.

Alors que dans le ciel de Tokyo s'élève le drapeau jaune, vert et rouge, le

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