Depuis quinze siècles que le sumo a été introduit au Japon, jamais ce sport ancestral ne s'est si mal porté. Une série de scandales a ébranlé le petit monde clos et opaque des «écuries» (sumo-beya), où des maîtres forment leurs disciples à cette dure école d'ascétisme et d'humilité. Matchs truqués, lutteurs dopés, blessures simulées, apprentis tabassés, c'est l'heure du grand déballage. Et voilà les sumotoris déboulonnés de leur piédestal de demi-dieux.
«Le sumo est plus qu'un sport, explique Toshiharu Kyosu, un ancien lutteur devenu commentateur. Certains considèrent les tournois comme une cérémonie religieuse shintô. D'autres, comme un art dramatique, voire un art martial. Son origine s'identifie à la naissance du pays. Le sumo est lié au bushido, le code d'honneur des samouraïs. Les lutteurs sont les représentants sur terre de forces fantastiques.» Un sumotori, en théorie, ne parle pas et ne se plaint jamais. La simplicité, la douceur et la rigueur morale sont les vertus cardinales prêtées à ces géants de chair et de graisse. C'est du moins ce que le public a longtemps cru…
Linge sale et cannabis
Il y a trois semaines, Soslan Gagloev, un lutteur russe de 20 ans, connu sous le nom de Wakanoho, mettait brutalement les pieds dans le plat en dénonçant le «milieu pourri» du sumo nippon. Lors d'une conférence de presse d'à peine dix minutes, le jeune homme s'est dit prêt à «raconter toutes les saletés» dont il a été témoin, durant sa brève




