L’athlétisme n’a jamais beaucoup aimé les certitudes. Personne ne s’en plaindra. Prenez Usain Bolt, par exemple. L’an passé, à Pékin, le Jamaïcain assommait comme dans un rêve tout le gratin du sprint mondial : trois titres olympiques - sur 100, 200 et 4x100 mètres - et autant de records du monde. Il était seul sur son nuage. Les autres en crachotaient de dépit, se maudissant d’avoir choisi de faire carrière dans un marché désormais aussi bouché.
Douze mois ont passé. «Lightning Bolt» n'a pas tamisé ses lumières. Mais il poussera la porte du stade olympique de Berlin, ce samedi 15 août, pour les deux premiers tours du 100 mètres, avec la perspective d'y croiser l'impensable : un sprinteur mieux habillé que lui. Tyson Gay, un brave gars du Kentucky présentant la particularité d'élever seul sa fille unique, a avalé cette saison la ligne droite en 9''77. «Pas mieux», répond Bolt, bloqué à 9''79.
«Monstre».A Berlin comme ailleurs, les partisans du Jamaïcain pourraient sans peine remplir tous les sièges de la tribune principale pendant que ceux de l'Américain se perdraient sur une seule rangée dans le virage. Gay lui-même avoue se compter parmi les premiers. «Usain est une bête, un monstre, glisse-t-il de sa voix étrangement douce, parfois plus proche du murmure. Il a réalisé ce que personne n'avait pu accomplir avant lui. Il est unique, comme LeBron James ou David Beckham. La pression ne semble jamais l'atteindre. Il s'amuse, il ne craint rie




