La portée d'un exploit se mesure parfois à la stature des battus. Dimanche, Tyson Gay a coupé la ligne de la finale du 100 m des Mondiaux de Berlin en 9''71. Troisième chrono de l'histoire. Record des Etats-Unis. Maurice Greene aurait pris un bon mètre dans le nez, Carl Lewis presque deux. Depuis la tribune de l'Olympiastadion de Berlin, Renaud Longuèvre a failli s'étouffer. «Gay a été monstrueux, s'emballe le coach de Ladji Doucouré. Ses qualités de pied sont phénoménales.»
Calculs. Sûrement. Mais l'Américain a ramassé la médaille d'argent. Battu, sans nuance. Devant, seul au monde, un ovni. Usain Bolt, 23 ans vendredi, 9''58 au 100 m. Plus de 37,5 km/heure de moyenne départ arrêté. A Pékin, l'été dernier, sa démonstration en finale olympique avait laissé les techniciens face à une avalanche de doutes. Combien aurait pu réaliser le Jamaïcain, crédité ce soir-là de 9''69, s'il avait poursuivi son effort jusqu'au bout, au lieu de tirer sur le frein à main en pleine course et d'amuser la galerie ? Après des nuits et des nuits de calculs, des chercheurs scandinaves avaient conclu par une fourchette entre 9''55 et 9''61. Usain Bolt a tranché le débat dimanche soir. Avant de se laisser prendre à son tour au jeu des questions sans réponse. «Je dois pouvoir courir un jour en 9''40, a suggéré le prodige devant les caméras de télévision, quelques minutes après sa démonstration. Mais je pense que je m'arrêterai à ce chrono.» Une heur




