Un Tom Pouce des sautoirs, paumé dans une forêt de gros bras. Un quasi-novice de la grande compétition planté au tout premier plan. Un nouveau venu en haute altitude, affublé d'un paletot de favori. Posée ainsi, l'équation que devra résoudre le natif de Barbezieux-Saint-Hilaire (Charente) Renaud Lavillenie, samedi en finale du saut à la perche (1), est un véritable casse-tête. Pourtant, l'équipe de France place, sans l'ombre d'un doute, toute sa confiance sur les épaules du jeune homme. «Son mental est solide, avance son coach, Damien Inocencio. En compétition, il est comme un tueur.»«Il a l'insouciance de ses 22 ans, ajoute Jean Galfione, champion olympique des Jeux d'Atlanta en 1996. Il ne se pose pas de questions et prend un plaisir fou à ce qu'il fait.» Lavillenie, qui sait lire entre les lignes du tableau des médailles des championnats du monde, a compris un truc : il représente désormais la dernière chance de l'athlétisme français de rentrer au pays avec un titre en poche. Lourde responsabilité, pour une cinquième sélection chez les Bleus.
Mais le gaillard n'est pas homme à se fissurer quand il y a de l'enjeu. A Turin (Italie), l'hiver passé, il a décroché la médaille d'or aux championnats d'Europe en salle alors que les plus optimistes lui promettaient plutôt une place de finaliste. A Leira (Portugal), en juin, il a chipé, d'un coup, la victoire et le record de France, aux championnats d'Europe par équipes, au terme de son premier co




