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Interview

«Le CIO peut se refaire une vertu»

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L’historien Patrick Clastres détaille les enjeux du choix, aujourd’hui, de la ville organisatrice des Jeux olympiques d’été de 2016.

Publié le 02/10/2009 à 0h00

Patrick Clastres est chercheur, rattaché au centre d'histoire de Sciences-Po Paris. Il a publié l'an dernier Jeux olympiques, un siècle de passions (1). Alors que les membres du CIO doivent choisir aujourd'hui qui, de Rio, Chicago, Tokyo ou Madrid, accueillera les JO d'été 2016, il évoque la nouvelle géopolitique du mouvement olympique.

Quel est votre regard sur ces quatre candidatures ?

Cette fois-ci pas de candidature «chaude». Quand la Russie de Poutine ou la Chine communiste postulent, cela pose d’évidents problèmes en termes de droits de l’homme. Cette fois-ci le terrain est nettement moins brûlant et parfait pour que le CIO se refasse une vertu.

En donnant les Jeux à Rio, par exemple ?

Cela permettrait au CIO de poursuivre sa route universaliste. Il faut savoir qu’il a besoin de s’implanter sur tous les territoires de la planète. C’est pourquoi Pékin avait été choisie afin d’annexer le monde «communiste et libéral» chinois. Rio choisie, cela permettrait au CIO de prendre pied sur le «continent des suds», de montrer aux pays émergents qu’il ne les oublie pas et qu’il reste ancré dans cette tradition universaliste.

Madrid semblant hors jeu en raison de l’alternance des continents, quelles sont les chances de Tokyo et Chicago ?

Tokyo met en avant son profil de ville sûre et solidement confortée sur le terrain financier par l’engagement du gouvernement japonais d’éponger les dettes. Quant à Chicago, elle pourrait être élue pour tenir compte des retrouvailles américaines avec l’ONU, les droits de l’homme, etc.

En quoi les campagnes des villes candidates ont-elles évolué ?

Depuis une décennie, les boîtes de communication se sont emparées des candidatures. C’est devenu un véritable marché, extrêmement juteux, avec des spécialistes de l

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