Si on s’en tient aux statistiques publiées en début d’année par la Bank of America - Merrill Lynch, la Coupe du monde de football rapporte énormément aux messieurs de la Fifa : 2,2 milliards de dollars pour le Mondial allemand de 2006, 3,3 milliards (2,7 milliards d’euros) espérés pour le sud-africain. Assis sur des coffres-forts, ces messieurs de la Fifa commentent durant un mois la bible du beau jeu dans des stades qui ont la forme d’un nid, voire d’un œuf d’autruche. Puis, après un mois de transversales somptueuses et de buts qui ne le sont pas moins, ils regagnent les vertes prairies helvètes du canton de Zoug où les attend une vie de bagne car tout cet argent demande un temps fou pour être recompté.
C'est au moment où voleront les papiers gras et où seront repartis aux quatre coins du monde tous ces spectateurs enchantés que ce chiffre prend tout son sel. Car c'est alors que le pays hôte réalise qu'il est tombé dans le panneau et a «surestimé l'effet Coupe du monde». Et c'est pas faute de les avoir prévenus, nous disent les hommes de la maison Merrill Lynch, qui ont passé des nuits blanches à plancher sur les conséquences macroéconomiques des Coupes du monde en remontant la pelote du maillot de Ferenc Puskás jusqu'au Lycra de Zidane : «De la Suisse en 1954 à l'Allemagne en 2006, les pays organisateurs ont en moyenne enregistré pendant l'année de la compétition une croissance économique inférieure à leur rythme habituel. Leur PIB augmente en moyenne de 2,3% lors de l'




