Alors que le centre-ville de Johannesburg se vide de ses habitants à la nuit tombée, le quartier de Yeoville, lui, ne dort jamais. Dès la fin de l’apartheid, les beaux bâtiments de style victoriens ont été abandonnés. Et les immigrés de toute l’Afrique ont afflué. Aujourd’hui, les rues sont défoncées, et les vendeurs de drogue interpellent le passant. C’est ici que se retrouve toute la diaspora africaine. Zimbabwéens, Congolais, Ivoiriens, Nigérians, mais aussi Camerounais, Ghanéens et Gabonais en quête d’eldorado ont échoué ici, dans ces pavillons délabrés.
Manioc. Cette première Coupe du Monde sur le continent africain, c'est aussi la leur. Vendredi soir, la France joue contre l'Uruguay, mais dans les rues personne ne porte le maillot des Bleus. «En 1998 et en 2006, j'ai supporté la France… explique ce supporteur camerounais. Mais, cette année, le Mondial est en Afrique, alors c'est à vous de nous supporter ! Je veux bien chanter la Marseillaise, parce que je l'ai apprise à l'école, mais c'est tout !»
A la Camerounaise, un petit Yaoundé en plein cœur de Johannesburg, les supporteurs d'Afrique francophone se retrouvent pour commenter les matchs et danser le coupé-décalé. On braise du poisson, mange des bananes plantains et du manioc. On oublierait presque que les températures frôlent les 5 degrés en ce mois d'hiver austral. Clémence a ouvert A la Camerounaise il y a trois ans. Elle est venue en Afrique du Sud pour se faire opérer d'




