«Cette femme est venue me voir il y a un mois, car elle cherchait un mari, annonce fièrement Ma Xulu. Aujourd'hui, les vaches de la dot ont été offertes à son père !» La trentaine de fidèles applaudissent, chantent, acclament Ma Xulu. Leur sauveur. La jeune fille s'approche de la sangoma, cette guérisseuse traditionnelle, pour accrocher à l'aide d'une épingle à nourrice un billet de 100 rands (10 euros) à son chapeau. Difficile d'y trouver encore de la place, Ma Xulu doit bien porter 2 000 rands sur la tête (200 euros). Les billets se balancent à chaque mouvement de la sangoma, à chaque éclat des tambours.
Estomac. On recense plus de 300 000 guérisseurs à travers le pays, contre 23 000 médecins seulement. Et même si la majorité des Sud-Africains ont été convertis au christianisme avec l'arrivée des colons, les rites traditionnels sont encore très pratiqués. Particulièrement dans les campagnes. On va voir la sangoma pour résoudre tous ses problèmes : un fils en prison, un mari alcoolique, un emploi perdu, ou des douleurs à l'estomac. Gladys est une habituée des cérémonies de Ma Xulu. Elle préfère venir voir la sangoma que d'aller chez le médecin : «Les cliniques sont gratuites, explique-t-elle, mais il faut quand même acheter les médicaments et ils ne marchent jamais. Ici, au moins, on donne l'argent qu'on veut.»
Et puis, Gladys a entendu parler d'une histoire : «Il paraît qu'une femme




