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Libération

Viril bad trip à Nqeneli

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Route du Sud . Le road-movie de notre correspondante au cœur de la nation arc-en-ciel.

Publié le 06/07/2010 à 0h00

Assis en tailleur dans une hutte enfumée, dix jeunes «initiés» écoutent leur ingcibis (maître) en silence. Il leur enseigne la «virilité» : comment se comporter avec sa future épouse, comment fonder son village, ce que cela signifie d'être un homme. A chaque vacances scolaires, en juillet et en décembre, les jeunes hommes Xhosas (l'une des plus grandes tribus sud-africaine) partent faire leur initiation. Après cinq semaines, leur famille leur offre l'indépendance, un couteau, un beau costume trois pièces et un béret. Ce sont des «hommes» nouveaux. On parvient dans cette «école traditionnelle» du village de Nqeneli après de longues heures de pistes et plusieurs kilomètres de marche. Dans ce village de l'ancien Transkei (territoire indépendant attribué aux Xhosas pendant l'apartheid), l'initiation est un passage obligé pour tous les hommes de 17 ou 18 ans.

Les dix initiés de Nqeleni, le visage couvert d’une boue blanche, se blottissent sous leur couverture et regardent le feu se consumer. Depuis un mois ils n’ont pas vu la lumière du jour. Dehors, leurs sœurs se relaient pour préparer leurs repas. Les femmes n’ont pas le droit d’entrer ou d’écouter ce qui se dit à l’intérieur. Les cérémonies ont commencé avec une circoncision «africaine», sans anesthésiant. Les rares qui ont choisi de se faire circoncire à l’hôpital ne seront jamais considérés comme des hommes virils et forts. Sauf que dans des conditions d’hygiène terribles, beaucoup de garçons souffrent le martyre. E

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