Alors, beau gosse, on se la pète grave? Ben non. Camille Lacourt, 25 ans, débarque à pied un matin de septembre au Cercle des nageurs de Marseille, tombé du lit. Il est à peine 8 heures, mais ça lui fait quand même une grasse mat'. D'habitude, il est au bord du bassin à 6 h 15, dans l'eau à 6 h 30, pour deux heures de natation. Faut aimer. Là, ce sont les grandes vacances : trois semaines de break après le triomphe des championnats d'Europe, en août à Budapest, où il a gagné trois médailles d'or (50 et 100m dos, relais quatre nages). «Il savait qu'il pouvait ramener une médaille. Mais trois…», dit sa mère, Martine.
Il est tentant d'écrire que Camille, nageur français le plus titré en Hongrie, est entré dans Lacourt des grands. Erreur : vu sa taille, il y était déjà. Deux mètres, 85 kilos. Ado, cet échalas décharné était «maigre avec des boutons, physique ingrat, pas grand-chose qui allait», indique-t-il. Depuis, il a «réussi à mettre un peu de viande dessus». Aujourd'hui, c'est une fusée, avec de l'or autour du cou. Si bien que Lacourt l'anonyme est passé dans un autre monde. On le reconnaît dans la rue, il signe des autographes. «Au début, c'est étrange.»
Il s'éclate, fait des essais de mannequin, on lui prête une Ferrari pour une émission télé. Sur Canal +, on le présente en duo avec le champion d'Europe du 400m libre : «Agnel l'intellectuel, et moi le beau gosse…» Il déteste. «Je ne crois pas que Yannick soit si moche, il a d




