Pas sûr que Mathieu Bastareaud retrouve le sommeil. Phénomène du rugby, il ne participera pas au Tournoi des six nations qui débute dans dix jours. Trop gras, a jugé en substance le sélectionneur Marc Lièvremont, qui, à l'automne, lui avait demandé de maigrir. «La nuit, je cogite. Je dors quatre ou cinq heures. Voire trois. Mon sommeil se coupe vers 5 h 30. Je me force à rester au lit jusqu'à 8 heures.»«C'est un garçon assez tourmenté», le décrit Mathieu Blin, ancien du Stade Français-Paris qui couve de son attention les jeunes du club. Banni, Basta ? En réponse aux propos de l'entraîneur national sur son embonpoint, Bastareaud nous dira : «Je sais que je ne suis pas une gravure de mode. Mais si j'avais une mauvaise hygiène de vie, je me blesserais tout le temps.» Elle a désormais un goût amer, la «salade tomates mozza» qu'il assaisonne pour ses dîners depuis qu'il réserve les féculents au seul déjeuner. Blin, plus inquiet : «Ces reproches ont dû le meurtrir plus qu'il ne le laisse paraître. Mathieu peut s'écrouler au moindre petit échec.»
Bastareaud cogite. Des fantômes lui tiennent compagnie. Celui de «l'affaire» passe dans la salle de restaurant du siège social de son club, derrière le Parc des Princes, où il a donné rendez-vous. L'épisode lui a laissé une large balafre sur la joue gauche et d'autres traces plus enfouies. On avait pensé ne pas en parler. «Si, on peut», souffle Bastareaud assis devant un verre d'eau miné




