Rarement quelqu'un avait descendu la Verte des Houches sans faire la moindre faute. Samedi, Didier Cuche (36 ans) est descendu comme une flèche pour devenir le premier Suisse à triompher sur la piste de Chamonix depuis 1948. Lorsqu'il s'est présenté au départ avec le dossard 22, c'est le jeune (21 ans) Italien Dominik Paris qui avait le meilleur temps, juste sous les deux minutes. Cuche a réfléchi en secouant la tête : «Est-ce que cela va six secondes plus vite pour tout le monde par rapport aux entraînements ou est ce que Dominik a réalisé un exploit ? Je me suis quand même dit que cela allait être difficile d'aller le chercher.»
Fracture. Auparavant, il venait de penser à sa fracture du tibia-péroné de 1997. Convalescent, il était venu à Chamonix, monté au départ en télécabine, puis redescendu à pied. «J'y ai pensé dans la cabane de départ. J'avais fait ça pour m'imprégner de cette piste. C'est dans ces galères-là qu'on puise la rage pour aller plus vite.»
Fils de restaurateur (ses parents tiennent toujours l'Auberge aux Bugnenets), Cuche parle peu. Ou plutôt, c'est lui qui choisit. Il a appris à mieux se connaître et prendre confiance en lui, devenant une vraie machine de guerre. Déjà vainqueur la semaine dernière à Kitzbühel pour la quatrième fois (le leader de la Coupe du monde de descente a rejoint le palmarès des grands descendeurs comme Franz Klammer et Karl Schranz sur la Streif),il avoue avoir réalisé la course parfaite à Chamonix,




