Mardi 8 février, dans un hôtel stalinien de Dakar où la sélection sénégalaise est au vert avant un match amical gagné (3-0) face à la Guinée. Un président de club branche un gardien. «Alors, tu signes ?»«Pfff, j'en peux plus de la sélection, je joue que pour moi, l'équipe…» On alpague Mamadou Niang, ancien meilleur joueur de Ligue 1, ex-idole du Vélodrome de Marseille et actuel attaquant (12 buts en 22 matchs) au Fenerbahçe d'Istanbul (Turquie). En fin connaisseur, il nous raconte le foot français (11 saisons pro).
Un souvenir marseillais ?
Le titre de champion de France [en mai, ndlr], le reste… On est mal parti. Vraiment. Et puis on se parle, on discute, on tente de croire en nous. On voit aussi, après, que le coach croit en nous. On se dit des vérités, parfois cruelles. Puis on est récompensés. On daube sur l'entraîneur en ce moment, mais Didier Deschamps, c'est un type qui ressent le mal-être du joueur. Qui te parle. Qui cherche. Tu peux être mal deux ou trois matchs : il te laisse du temps de jeu. Il veut savoir : pourquoi, comment ?
Mais il y a toujours des rapports de force ?
Non. Même quand on m’a donné le brassard, j’ai tenté de faire le taf. Et si les joueurs étaient tristes quand je suis parti, je crois que ce n’est pas tant pour mes qualités de joueur que pour mon rôle dans le vestiaire et mon influence auprès des jeunes joueurs. Quoi qu’on en dise, le collectif a toujours été ma priorité.
Mais vous avez joué la stratégie de la tension pour partir en Turquie ?
Faux. Posez la question aux joueurs. Après, le club doit laisser partir celui qui a une opportunité. Prenez Dimitri Payet




