Thomas Coville et son maxi-trimaran Sodebo ne battront pas le record autour du monde en solitaire sans escale détenu par Francis Joyon (Idec), auquel il s'attaquait pour la troisième fois. Joint au téléphone lundi soir alors qu'il se trouvait encore au large des Açores, le skipper avait enfin retrouvé du vent et s'attendait même à une nuit compliquée. Pour battre le record, il aurait dû franchir une ligne au large d'Ouessant dans la nuit de dimanche à lundi - il ne devrait la couper que demain matin. Depuis, il rumine son énorme déception.
«Trahison». «Même quand tu sais que tu ne vas plus gagner, tu es obligé de continuer. Il n'y a pas de voiture-balai dans la course au large. Habituellement, j'ai du mal à me faire confiance. Mais j'avais commencé à y croire. Il a fallu faire des choix stratégiques et météo périlleux et on avait réussi à refaire notre retard. Au départ, je redoutais Sainte-Hélène en descendant l'Atlantique. Cela a été pire que prévu. Plus tard, après le passage du cap Horn, j'étais confiant pour la remontée du Brésil. J'ai même perdu un morceau d'étrave. J'ai cru que plus rien ne pouvait arriver… Puis ce fut la trahison. Une trahison tardive. Je suis passé à côté et c'est dur à vivre.»
«Rage». «Depuis dimanche, je me suis refait le film dans tous les sens. Je me suis même dit que j'aurais mieux fait de rester à la maison. En fait, le temps peut toujours te rattraper. C'est comme une tranche de vie. Pour l'in




