Hier matin, au bord d'un terrain synthétique des quartiers sud de Marseille, un tournoi de poussins. Les pères donnent les derniers conseils au petit, puis refont entre eux le football. Ça commente un peu les révélations de Mediapart sur les quotas dans le foot français. Mais personne ne semble y comprendre grand-chose. Chacun, instinctivement, se défend, comme si tout le football se retrouvait sali. On défend surtout le sélectionneur national. Patrick, éducateur sportif : «Si Blanc est raciste, alors on l'est tous. En 1998, il jouait dans une équipe black-blanc-beur et maintenant qu'il est entraîneur, son capitaine, c'est Alou Diarra. Il irait dire dans une réunion qu'on forme trop de costauds ou qu'il y a trop de Noirs ?» Eric ajoute : «S'il était raciste, il ferait jouer Toulalan au milieu. Pas Diarra, M'Vila et Diaby. La dernière fois, on lui reprochait de reprendre Evra et Ribéry. Faut arrêter, il va finir par se barrer.»
«Mélange». Aziz pense que «celui qui est raciste ne peut pas rester dans le foot, en amateur comme en professionnel». Marcel, policier en retraite, approuve, mais ajoute : «Quand même, les Noirs, ils sont un peu arrogants. Ça rejaillit dans le football.» Aziz répond en détournant un slogan antiraciste : «Le foot, c'est comme une mobylette, ça ne marche qu'au mélange.» Il est persuadé que les centres de formation se sont longtemps fourvoyés en «recrutant des costauds qu'ils amélioraient e




