Le Calcio serait-il retombé dans ses travers des années 80, lorsque le scandale des matchs truqués avait sanctionné des joueurs tels que Paolo Rossi, le héros du Mundial 1982 ? Probable. Sauf que cette fois, ce n'est ni à Milan ni à Rome qu'éclate la bombe, mais à Crémone, petite ville lombarde, patrie de Stradivarius et de Monteverdi. C'est d'ailleurs dans une cacophonie incontrôlable que cette nouvelle affaire de paris clandestins vient casser les oreilles du monde du football après celles du totonero, en 1981, et du calciopoli (pieds propres), en 2006. L'acteur Ugo Tognazzi, lui aussi originaire de cette cité située sur la rive gauche du Pô, aurait sans doute pris un malin plaisir à monter cette histoire en farce. Car si d'un côté les enjeux sont importants et semblent vouloir s'étendre jusqu'à Singapour, la plupart des intervenants épinglés par la justice sont pour l'instant plus apparentés aux Pieds Nickelés. Le juge d'instruction, Guido Salvini, celui qui participa à l'enquête sur l'attentat de Piazza Fontana à Milan en 1969 et muté récemment au tribunal de Crémone, doit se pincer.
Somnifère. Il faut dire que les 44 personnes mises en examen depuis début juin ont quelque chose de singulier. Tout d'abord, Marco Paoloni, à l'époque gardien de but de la Cremonese, l'équipe locale, transféré depuis janvier à Benevento. C'est par lui que tout a commencé, pour une histoire de somnifères versés dans le thé de ses coéquipiers. Puis ses contact




