La Lampre craque comme une vieille maison. Il faut s'y déplacer l'orteil prudent, surtout les nuits d'orage, pour ne pas tomber sur un fantôme cycliste. Comme dans la Chute de la Maison Usher, on sait que l'épouvante se finira par un tas de gravats. On ignore simplement combien de temps l'équipe italienne promènera son ombre glaçante dans le peloton. La Lampre s'est alignée sur le Tour avec un tiers de coureurs compromis ; le record du peloton, codétenu avec Astana. Danilo Hondo a été contrôlé positif il y a six ans. Pincé sur le Giro 2007, à Pinerolo, Alessandro Petacchi se fera une joie de revenir cet après-midi et demain sur les lieux du crime. Le vieux sprinteur est également visé dans une enquête à Padoue pour utilisation présumée de PFC, un dérivé du pétrole qui peut remplacer l'EPO. Damiano Cunego (8e au général), le «Petit Prince» qui roule tatoué d'un «Doping free», est lui aussi sous le coup d'une affaire judiciaire, à Mantoue. Il figure parmi 32 prévenus dont 17 sont des membres anciens ou actuels de l'équipe.
Mantoue, c’est la pourriture révélée de la maison Lampre. De la cave au grenier, il n’y a rien à sauver. En plus des leaders, on suspecte des porteurs d’eau, des directeurs sportifs, des soigneurs, l’entraîneur et même le manager général, Giuseppe Saronni, qui aurait facilité l’achat de produits interdits dans une pharmacie de village, une officine pas très catholique pourtant appelée Maria Assunta - l’«Assomption». Cent fois Lampre aurait




