Le coureur français était un agneau sous les règnes de Miguel Indurain, Jan Ullrich, Lance Armstrong ou Alberto Contador. Le voilà devenu cette année loup. Il se bat comme Horace contre les affreuses légions du ProTour. Le coureur français a brisé ses chaînes : il crache le feu vêtu d'un slip en Leopard des frères Schleck. Il est l'attraction de l'année. Jérémy Roy (FDJ) en supercombatif, Pierre Rolland (Europcar) avec son maillot blanc de meilleur jeune et sa victoire à l'Alpe-d'Huez, et l'immense Thomas Voeckler (Europcar), douze jours en jaune, qui meurt au pied du podium. Le vin qui coule dans Rabelais, la presse en a bu des litres. «Voeckler a redonné le moral à la France», titrait le grand Ouest-France. «Ah ! mais des mots, nous en avons à revendre !», dit la presse. Ce sont les mots de la nouvelle hiérarchie du vélo. Des mots nouveaux avec plein de calembours. A ce propos, le Télégramme a gagné le prix Blondin. C'est le retour du ruban à la chaussure, comme chez Molière. Ce sont les mots de l'artisanat. Les mots de la raison et du cœur. Ce que nous avons perdu en gloire au pied du podium, nous le gagnons aujourd'hui en humilité. Avant, tout n'était que ruine pour le coureur français qui refusait le goutte-à-goutte du dopage. Aujourd'hui que la course n'est plus irriguée par la dope, le coureur français est le véritable appareil de vérité. C'est le retour de la force d'expansion française sur le Tour. Evidemment, aucune feinte chez le coureur français
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Allons, coureurs de la patrie...
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Publié le 25/07/2011 à 0h00
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