Perseguido, un Cebada Gago, avait du caractère. David Mora lui coupera 2 oreilles. C'était le 10 avril, à Saint-Martin de Crau (Bouches-du-Rhône), et c'était un des rares contrats de Mora, torero confidentiel, apprécié des initiés, méconnu du grand public. Huit mois plus tard, il a aligné 41 corridas et son nom est sur toutes les lèvres. Il est la «révélation» de la saison. Il a, surtout depuis la mi-juin, coupé des oreilles un peu partout : Vic, San Sebastián, Pampelune, Arles, Nîmes, Almeria, Salamanque, Bilbao, Azpeitia, Saragosse, Logroño, Jaén, Lima en novembre, Madrid… Madrid où, après avoir affronté dignement des toros de Palha le 1er juin, il coupera une oreille dix-huit jours plus tard et une autre le 15 août pour la corrida de la Paloma quand, en tuant mieux et si le président avait été moins coincé, il pouvait espérer sortir par la grande porte. Les intraitables du tendido 7 lui en sauront gré : «Mora nous a montré aujourd'hui comment on doit toréer.»
Cette année, Mora a beaucoup œuvré en remplacement de toreros blessés : comme à Aranjuez, où il a fait gracier le toro Sucesor, d'Alcurrucen, après l'avoir piqué. Lui-même cette année à reçu quatre coups de cornes, dont deux le même jour à Pampelune. Ce qui ne l'a pas empêché de rester en piste et de triompher. Il se reconnaît une «volonté inébranlable de se jouer la peau» pour sa «profession aimée» qui «perdrait tout son enchantement s'il n'y avait pas ce jeu entre la vie et




