En mai, Rémi Garde, pas encore entraîneur de l'Olympique lyonnais, est à Londres pour voir jouer les féminines du club. Soudain, dans les tribunes, il aperçoit Michel Platini, président de l'UEFA. Il monte vers lui, tend la main : «Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi…» Platoche le coupe : «Mais t'es con ou quoi ? C'est moi qui t'ai sélectionné en équipe de France !» Garde confirme l'anecdote en rigolant. Cela lui ressemble assez. Le garçon est réservé, humble et capable d'autodérision. Un type très normal, pas imbu de lui-même, très agréable à table. On déjeune dans un restaurant lyonnais qu'il ne connaissait pas, et dont le chef, Katsumi Ishida, pratique une cuisine épurée, sans esbroufe, avec des cuissons rigoureuses. Comme une métaphore du football défendu par Garde. Le jeu serait une mise en relation, autour du ballon ou d'un plat.
Joueur, il cultivait une vraie simplicité. «Il était endurant, très technique, se souvient Bernard Lacombe, conseiller spécial du président de l'OL, Jean-Michel Aulas, mais ce qu'il faisait n'était jamais compliqué. Il avait une bonne vision du jeu, il jouait simple, anticipait tout le temps.» Cette faculté lui serait venue d'un handicap. Enfant, Garde était tout petit, faisait deux têtes de moins que les autres en cadet. «Du coup, dit-il, j'ai développé d'autres qualités. A cet âge, les plus costauds se contentent d'un coup d'épaule pour aller au but. Si tu es petit, tu dois apprendre à regarder




