La Chine populaire, dont l'équipe nationale de football croupit au 84e rang mondial, juste devant le Mozambique, vient de s'offrir un sacré remontant : Nicolas Anelka. A peine trois ans après avoir rejoint le club londonien de Chelsea, le footballeur français de 32 ans vient de signer avec Shenhua, une équipe de Shanghai, avec un gros chèque à la clé (1). Pour la centaine de millions de fans de foot chinois, Anelka est une bougie d'espoir dans l'obscurité profonde qui enveloppe ce sport, malheureusement miné depuis des années par des scandales de corruption.
Réseau. Le football chinois professionnel est bâti autour d'un réseau de paris clandestins où beaucoup de monde est payé : arbitres, joueurs, patrons de fédération. Début 2010, le directeur de la fédération chinoise a été arrêté chez lui, où il cachait une petite fortune, puis ce fut le tour du manager de l'équipe nationale, d'arbitres et de cadres. Même l'entraîneur de Shenhua a été interrogé par la police.
Les autorités avaient déjà tenté en 2003 d'endiguer la corruption dans le football en condamnant un arbitre à dix ans de prison. Mais la gangrène s'est généralisée, ainsi que les violences. Il est devenu tellement courant que les matches tournent au pugilat, que la télévision nationale chinoise a cessé de les diffuser durant plusieurs mois afin d'éviter de donner «une mauvaise image du pays».
«Humiliation». L'équipe nationale n'est parvenue à se qualifier qu'une seul




