Un tantinet agacé, Jean-François Carenco, le préfet du Rhône, vendredi. C’est vrai que recevoir une leçon de droit par un juge sur le projet de construction du Grand Stade de Lyon est vexant. Mardi, le rapporteur public du tribunal administratif a demandé l’annulation de la déclaration d’intérêt général (DIG), obligatoire pour toute participation publique à un aménagement privé. En l’occurrence, la participation de l’Etat est double : il est censé financer les accès au stade et vendre les terrains après expropriation à la Foncière du Montout, à 100% filiale de l’Olympique lyonnais, qui porte le projet.
L'argument du juge pour réclamer l'annulation est le suivant : dans le dossier de demande de reconnaissance d'intérêt général, aucun élément ne permet «d'apprécier ni l'ampleur financière, ni la faisabilité, ni la viabilité du projet». «Compte tenu du silence quasi total gardé sur l'aspect financier, le projet ne peut légalement être regardé comme ayant été suffisamment défini pour que le ministre ait pu le déclarer d'intérêt général», précise le rapporteur. Le préfet rétorque que «l'analyse financière n'a pas été mise, car il n'est dit nulle part qu'il fallait qu'elle le soit. Le rapporteur public est allé au-delà de la loi».
L'avocat Etienne Tête, opposant historique au projet de stade du patron de l'OL, Jean-Michel Aulas, et défenseur d'un des riverains expropriés, veut croire que le rapporteur public avait en tête un point précis du dossi




