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Jérôme Pineau, balance à bascule

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Qui a dit que le Tour 2012 était aseptisé ? «Libération» passe en revue six garnements ou gros voyous du peloton.

Publié le 15/07/2012 à 22h16

Ases débuts, Jérôme Pineau écrivait des réquisitoires en lettres de sang et foudroyait du doigt les ennemis du peuple. Tous des tricheurs sur le vélo. Epoque de la terreur : il lui fallait trois cent mille têtes. Le petit menuisier de Nantes est cousu à vif d’indignations depuis les affaires OM-VA et Festina, ses rêves cassés d’adolescent.

Guerre civile. Premier Tour de France en 2002. Il prête serment comme benjamin de l'épreuve. Les mots ont le lustre de l'Antique, mais il reste encore des Lance Armstrong et des Raimondas Rumsas au milieu des hommes en toge.

Pineau veut les voir finir sur l'échafaud. Pendant six ans, au départ des courses, il égrène les actes d'accusation. Sur Alexandre Vinokourov auréolé de gloire : «J'en ai rien à battre de lui.». Sur Riccardo Riccò contrôlé positif à l'EPO : «Je suis content qu'il dorme en taule.» En résumé : «Il y a deux pelotons : d'un côté les Français et des étrangers qui font le vrai vélo, et puis les autres…»

Jamais encore le cyclisme n’avait connu de guerre civile. Cette fois, les sans-culottes de l’antidopage se liguent contre une noblesse qui n’a pas que du sang bleu dans les veines. Pineau est le plus bouillant. Même ses alliés sont parfois exaspérés. Pourtant, l’insurgé suit, fidèle, l’étendard de son manageur, actuel patron du Team Europcar, Jean-René Bernaudeau, le Vendéen qui emprunte à la Révolution sa soif de justice et à la chouannerie ses accents populaires, guerriers et victima

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