Menu
Libération
portrait

Franck Cammas, capitaine intranquille

Réservé aux abonnés

Perfectionniste, exigeant et réservé, ce marin français a impressionné en s’imposant face aux Anglo-Saxons.

Franck Cammas, à Paris le 9 juillet 2012. (Photo Rüdy Waks)
Publié le 17/07/2012 à 19h06

Franck Cammas n’est pas du genre à se faire mousser. Il pourrait aisément, tant son palmarès est impressionnant. Sa dernière victoire dans la Volvo Ocean Race, cette longue course autour du monde en équipage et par étapes, remportée à la barbe des pointures américaines, néo-zélandaises ou espagnoles, a presque fait de lui l’élu d’un monde où les Français sont souvent relégués au rang d’aventuriers prisonniers des rêves qu’ils communiquent à un public conquis.

Cette fois, les Britons sont tombés sur un os. Cammas a su relever le défi en appliquant une méthode qui lui est propre. Au point de réussir là même où Eric Tabarly avait échoué. Cammas n'en garde pas moins une certaine pudeur : moins il y a de vagues, mieux il se porte. Malgré cette humilité bienvenue, le sourire clair masque un tempérament déterminé. Travailleur, méticuleux, calculé, cet Aixois de 40 ans, Breton d'adoption, est doté d'un cerveau hors du commun, un ordinateur qui analyse, décortique, doute, remet en cause et tranche. Tout est si parfaitement préparé, étudié et assumé chez ce boulimique de travail que la victoire paraît normale, logique. Il semble sans états d'âme, ni sentiments apparents. «Mon but est de rechercher la meilleure compétence et de voir comment l'utiliser, dit-il. En France on mélange un peu les choses. L'amitié et la performance. Pourquoi faudrait-il naviguer avec dix potes. Il y a des vacances moins chères !» Pour parvenir à ses fins, il ne fait pas de concessions. «Ne pas y

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique