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Libération
EDITORIAL

Pâmoison

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Publié le 10/08/2012 à 21h56

Ils ont gagné ! Haut la main et sans trop se soucier des moyens. Parce que seule la victoire est belle. Trois temps soulignent le succès britannique en forme de triomphe planétaire. 6 juillet 2005 tout d’abord. Le Comité international olympique (CIO), réuni à Singapour, attribue les JO à Londres. Qu’importe si la nuit précédente, en dehors de toute convenance olympique, Tony Blair, Premier ministre de Sa Majesté, est venu visiter un à un les membres du CIO hésitants pour les convaincre de faire le bon choix. Seule la victoire est belle.

28 juillet 2012, la triomphante Albion étale tous ses talents à la face d’un monde en pâmoison. Cérémonie d’ouverture, infrastructures, organisation ne sont que justifications de la grandeur britannique. Qu’importe si la crise financière a bouleversé l’économie et si, selon l’université d’Oxford, le budget réel de 11 milliards d’euros est deux fois supérieur à celui prévu. Comme Tony Blair à Singapour, David Cameron savoure le succès. Parce que seule la victoire est belle.

Août 2012. Les athlètes, les rameurs, les cyclistes font de la Grande-Bretagne la troisième puissance sportive mondiale et la première d’Europe. Qu’importe les petits arrangements avec les règlements. Seules les victoires sont belles.

La France suivra-t-elle cet exemple ? Paris sera-t-elle candidate aux JO de 2024 ? François Hollande hésite. Et il n’a pas tort car, derrière la munificence d’une manifestation éphémère, les coûts financiers, sociaux ou moraux peuvent ternir les

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