Soudain, l'avocate générale sort de ses gonds : «Vous n'avez pas quitté des yeux Isabelle Demongeot pendant son témoignage. Et vous avez vu que sa souffrance n'est pas feinte. Quel intérêt elle a à vous accuser ? Elle ne peut plus être partie civile. Seulement témoin.» Assis dans le box des accusés, Régis de Camaret, 70 ans, bafouille qu'il ne l'a «pas violée». L'ancien entraîneur de tennis comparaît depuis jeudi devant les assises du Rhône pour «viols» et «tentatives de viols» sur mineures de moins de 15 ans par personne ayant autorité. Il risque vingt ans de réclusion.
Isabelle Demongeot, ex-numéro 2 du tennis français, 46 ans, a été l’une de ses plus célèbres élèves. Elle avait 13 ans quand elle a intégré le tennis-club des Marres, à Saint-Tropez (Var), où Régis de Camaret entraînait.
«Figé». Visage émacié, silhouette filiforme, toute de noir vêtue, elle raconte, vendredi, ce déplacement d'août 1980 à Paris pour un tournoi à Roland-Garros. Ils partagent une chambre d'hôtel avec des lits jumeaux. «Je suis réveillée par une main qui se glisse dans ma culotte. Je suis incapable de réagir. Il descend ma culotte. Ses doigts me caressent et, soudainement, il s'agrippe à moi et me tire au bout du lit. J'ai envie de serrer les jambes, mais je ne peux pas. Et il met sa tête entre mes jambes.»
Un mois plus tard, selon son récit, Régis de Camaret la viole. «Son sexe me pénètre, c'est la première fois, et j'ai mal. Mon co




